Faut-il en finir avec les lâchers de lanternes?

Dimanche dernier, j’étais sur les bords de Nive pour admirer le lâcher de lanternes. Depuis quelques années, ce moment est devenu un temps fort des fêtes de fin d’année à Bayonne. Ravi devant ce spectacle, j’ai sorti mon smartphone pour capturer l’événement en images. Le lendemain, je postais quelques vidéos sur mes réseaux sociaux et j’avoue que je ne m’attendais pas au nombre de retours reçus. 

Lacher de lanterne à Bayonne
Photo: Yannick Revel

Si beaucoup s’émerveillent comme moi de ces lumières célestes, d’autres en revanche pointent du doigt les côtés néfastes de cette tradition venue d’Asie. Me voilà donc face un dilemme. Le moment de bonheur vécu en participant à cet événement vaut-il les risques et dangers potentiels? J’avoue que je ne me posais pas la question lorsque mes yeux étaient rivés vers un ciel constellé de flammes volantes. 

Un moment de communion rare

J’aime participer ou assister à ces lâchers de lanternes. Et visiblement, je ne suis pas le seul au regard du succès populaire de chaque rendez-vous. Le prochain aura d’ailleurs samedi 18/12/21 à 19h30 à Bayonne. 

Selon moi, cette tradition importée de Chine et de Thaïlande possède de multiples vertus. La beauté esthétique de ces lumières volantes émerveillent à tout âge, et devant un tel spectacle, c’est flagrant, tout le monde redevient un enfant. On s’autorise un instant de rêve, un moment hors du temps qui jette des étoiles dans nos yeux, forme des sourires et réchauffe les cœurs. 

Photo: Leon Contreras

C’est aussi un événement rare et fédérateur au-delà des différences d’âge, d’origines, de langues… Il y a peu de moment de partage aussi rassembleur et certains voudraient tout simplement que cela cesse au nom des risques sécuritaires et écologiques. 

L’interdiction des lâchers de lanternes

Tout d’abord, il faut le préciser, les lâchers de lanterne sont interdits dans de nombreux départements français (Landes, Réunion, Bouches du Rhône…). Ailleurs, le principe est à la déclaration préalable. Ils sont donc autorisés moyennant une demande auprès des services de la préfecture. Généralement cette interdiction est liée aux difficultés entraînées par ces volatiles lumineux en matière d’aviation civile. 

Strictement encadrés, ces envols célestes répondent-ils néanmoins à la question éthique en matière de production de déchets. Désormais, les lanternes utilisées sont le plus souvent biodégradables (en feuille de riz et structure en bambou), ce qui est moins pire qu’avant. Néanmoins, leur aspect naturel produit quand même un déchet qui va se déposer un peu n’importe où dans la ville ou dans la nature. 

Le flou du biodégradable

Que vaut vraiment la mention biodégradable? Que veut-elle dire? Au bout de combien de temps? Dans quelles conditions? Si une feuille morte disparaît au bout de quelques semaines, une bouteille en plastique mettra environ 4000 ans pour se désintégrer. 

Photo: Domaine d’Abbadia

Car cette mention « biodégradable » n’est pas réglementée aujourd’hui. Peut-être faudrait-il l’encadrer, et l’accompagner de l’indication du temps de décomposition? 

Je terminerais sur ce point en ajoutant que, biodégradable ou pas, cela reste un déchet. Accepterait-on une pluie de peaux de bananes au motif que le déchet est naturel? Pas si sûr…

Un déchet dangereux 

Dans leur chute, les lanternes peuvent atterrir n’importe où, dans la rue, sur les bâtiments, dans la forêt, dans les arbres, dans les eaux. La structure devient alors un danger  pour les animaux qui peuvent s’y trouver piégés, ou même les avaler. 

Un volatile piégé dans une lanterne volante

Elles comportent aussi un vrai risque d’incendie et pas uniquement dans les pays chauds. Le 1er janvier 2020, c’est un zoo allemenand qui a en partie flambé à cause d’une lanterne. 

Présent dans son magasin dimanche soir, un commerçant de la zone du Forum à Bayonne me confiait en avoir « ramassées 28 devant sa vitrine”. Certaines d’entre elles atterrissaient encore en flamme sur les voitures”

Le nécessaire abandon simultané de milliers de lanternes dans le ciel provoque sans aucun doute une féérie partagée de tous. Ce plaisir furtif de quelques minutes mérite-t-il le risque sécuritaire et la production de déchets? 

Photo; Jenny Le

N’attendez pas de moi que je réponde à cette question car en réalité, la quasi-totalité des  actes que nous réalisons au quotidien a un impact écologique. Le tout est de mesurer la proportion entre la nécessité ou le plaisir d’une part, et l’impact d’autre part. Et pour cela, chacun a sa propre grille de lecture et, en fonction de ses priorités, place le curseur différemment. 


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