MonkeyBird, le vitrail du pauvre

En plein accrochage de l’exposition Contre-Jour, le duo MonkeyBird a eu la gentillesse de répondre à mes questions. Actuellement très en vue dans la sphère street art, les deux garçons parcourent le monde pour poser sur des murs, leur style baroque et chargé d’histoire(s). Avec Louis et Edouard, on a parlé de leur rencontre, de leurs débuts, de leur travail et de cette exposition à Bayonne, visible jusqu’au 3 novembre 2019.

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Oiseau et singe, les deux composantes de MonkeyBird (photo: © bonsudbongenre )

MonkeyBird, la rencontre ?

 

Louis : C’était en 2009 dans une Prépa Art à Bordeaux. Edouard est ensuite parti en design produit et moi en design graphique mais on a continué à se retrouver pour travailler sur nos projets respectifs et en même temps commencer à travailler sur des projets communs.

 

La pratique de rue ?

 

Edouard : je faisais du graffiti depuis mes 15 ans, lorsque je vivais à la campagne du coté de Tours. Avec mes potes, on faisait vraiment du graffiti classique, du lettrage. Le pochoir est venu bien plus tard lorsque je suis arrivé à Bordeaux.

Louis : Dès le début de notre rencontre, on a commencé à développer de la pratique de rue. Avec un peu de tout ; graffiti, bombe, marqueur, pochoir, collage, tout ça sur du terrain vague.

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En 2016, le duo avait déjà réalise un mur à Bayonne (photo: @monkeybirdcrew )

 

Edouard : On faisait beaucoup de collage, à partir d’un dessin papier que l’on agrandissait. On était dans une démarche de collage plus que de peinture mais on s’en est vite lassé. On est alors parti sur la technique du pochoir pour faire de la peinture sur un matériau qui serait aussi collé sur le mur car au départ on n’intervenait pas directement au pochoir.

Louis : Au fur et à mesure, on expérimentait les outils et notre savoir-faire. Avec le temps, en s’améliorant graphiquement, on avait besoin d’acquérir plus de noblesse et de légitimité dans le travail. On préférait faire une belle peinture dans un endroit bien réfléchi plutôt que plein de collages un peu partout. C’est comme ça que le pochoir s’est imposé avec plus de maturité et de recul.

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Derrière les animaux se cachent Louis (gauche) et Edouard (photo : © bonsudbongenre )

La pièce qui vous a propulsés ?  

 

Edouard : C’est une évolution constante. Ce sont plusieurs fresques qui ont fait qu’on a réussi à mettre le pied à l’étrier.

Louis : Cette progression linéaire a été confortée par le regard des gens. Tant sur les réseaux sociaux qu’avec les personnes qui nous voyaient à l’œuvre. Ensuite on a rencontré l’artiste de notoriété internationale, Jef Aerosol (également pochoiriste). On l’a aidé pour une grande fresque à Bordeaux et une autre à Amsterdam. A partir de là on a vraiment bénéficié d’une certaine reconnaissance dans la technique du pochoir.

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Un célèbre mur de Jef Aerosol (photo: @equis007 )

 

Les caractéristiques du style MonkeyBird ?

 

Edouard : La trame de découpe, le travail avec le blanc, la fragmentation de la lumière. C’est la lumière qui révèle toutes les nuances, les volumétries.

Votre travail : du vitrail moderne ?

 

Louis : On peut parler de tout ce que l’on aime dans notre travail : la sculpture, l’architecture, l’histoire… Ces papiers découpés nous permettent de faire du vitrail avec des matériaux pauvres. On essaie d’acquérir un maximum de noblesse dans l’image, dans la symbolique du plein et du vide et, en même temps, matériellement cela n’a aucune valeur. C’est de l’arte povera.

Cette exposition Contre-Jour à Bayonne ?

 

Louis : Ce qui nous plait, c’est de ramener les pochoirs dans le centre d’exposition. On leur redonne un peu de noblesse. Les gens pensent que c’est fait au laser alors que nous faisons tout à la main. C’est un formidable moyen de développer plein de choses fascinantes. On voulait mettre en avant ces papiers découpés qui, pour nous, sont les matrices à l’origine de la peinture. La peinture est une empreinte, mais le plus important pour nous c’est ce travail en amont.

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Un des pochoirs exposés à Bayonne ( photo: © bonsudbongenre )

Le mur dont vous êtes le plus fiers ?

 

Louis : On les aime tous !

Edouard : Oui mais j’aime bien notre dernier mur au Locle en Suisse. Une œuvre contextualisée car nous sommes intervenus directement dans la cité de la précision, haut de lieu de l’horlogerie. On y a réalisé une composition en lien avec le travail sur le temps, la maîtrise du temps en fonction des différentes cultures et des différents courants historiques. Ce thème était fait pour nous, et on a essayé de le nourrir avec des références historiques et des observations personnelles.

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Louis et Edouard, maîtres des horloges en Suisse (photo : @monkeybirdcrew )

 

Exposition Contre-Jour au DIDAM de Bayonne, jusqu’au 3/11/2019

Auteur: Yannick

Instagram: @bonsudbongenre

Facebook: @bonsudbongenre

Twitter: @bonsudbongenre

 

2 réflexions sur “MonkeyBird, le vitrail du pauvre

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