Jamaal, des valeurs et du style

Cet été, j’ai rencontré un duo qui créait sa marque de prêt à porter. On a parlé mode, voyage, création d’entreprise et amour. Beaucoup d’amour. Anciens salariés dans une multinationale du textile Fanny et Yamin forment un couple dans la vie privée comme professionnelle. Ensemble, ils ont donné naissance à un enfant et à une marque qui leur ressemble.

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Lors du défilé de lancement de Jamaal © Yannick Revel

Un soir de juin dernier, sur la terrasse de l’immeuble Olatu Leku à Anglet, les deux créateurs de la marque Jamaal (beauté en arabe) montraient leurs premiers modèles. Tapis orientaux et musique lounge, on se croirait sur le toit d’un hôtel de Marrakech. Au milieu des invités défilent les filles choisies par Fanny Cazaux, la styliste du duo. Dans cette ambiance voyageuse, l’humeur bohême et chic du moment offre un bel aperçu de l’état d’esprit véhiculé par la jeune griffe. Ils ont à peine trente ans, bébé sur le bras et sourire aux lèvres, ils sont rayonnants et leurs paroles pleines de bonnes vibrations. Ils n’ont certes pas choisi la facilité mais semblent portés par un petit quelque chose, par une étoile qui conforte leur profonde conviction.

Une mode chic d’inspiration orientale

« Avant d’être une marque, Jamaal est une ode à notre métissage » énonce Fanny en préambule. « C’est aussi un message d’amour, de beauté autour de la différence » ajoute-t-elle en suivant. Ces deux-là incarnent tellement leur projet qu’ils en sont bien plus que les acteurs, ils en sont l’origine et l’ADN même. Comme leur marque, ils sont amour, beauté et différence, tout autant qu’ouverture et tolérance, des valeurs qu’ils portent d’autant qu’elles sont viscéralement chevillées en leur for intérieur. A eux deux, ils ne forment plus qu’un et très vite après leur rencontre, la volonté de créer leur entreprise ensemble apparait comme une évidence.

Fanny est originaire du sud des Landes, Yamine a grandi dans les Vosges. Leurs chemins se croisent à Saint-Malo au sein du groupe Beaumanoir. Ce géant du prêt-à-porter emploie plus de 140000 collaborateurs à travers le monde et possède notamment les marques Bonobo, Cache-Cache et Morgan. Au siège du groupe, ils travaillent pour des entités différentes et ne se croisent jamais. Quand le jour arrive, c’est le coup de foudre. Quelques mois plus tard, ils quittent la Bretagne pour d’autres aventures.

« Nous étions tous les deux en CDI avec de bons postes » se souvient Fanny. « On pouvait rester à Saint-Malo, acheter une maison et suivre le chemin tracé mais le goût du challenge nous motivait » poursuit la jeune femme. « Nous étions à la fin d’un cycle et à la veille d’un autre que l’on souhaitait entamer ensemble » estime Yamine Benazouz. Formé en business international, son cursus universitaire l’a mené de Paris à Saint-Martin (Caraïbes) en passant par le Mexique et la Roumanie. Entrepreneur dans l’âme, il possède dans les yeux la lueur de ceux qui avancent. « Etudiant, je savais déjà que je monterais mon entreprise mais je voulais d’abord une expérience en tant que salarié » raconte celui qui occupait les fonctions d’export manager au sein de la zone Moyen-Orient et Afrique pour la marque Bonobo.

Remettre le sourire au cœur du vêtement

En août 2016, ils quittent leur emploi respectif et partent pour un voyage initiatique, à la recherche d’inspiration et en quête d’eux-mêmes. « Pour s’affirmer en tant que personnes et forger sa propre identité » résume Yamine qui a redécouvert l’Algérie avec des yeux d’adultes, vingt ans après son dernier séjour dans le pays de ses ancêtres. L’Italie, New York et le Canada figurent aussi sur leur carnet de route. En Amérique du Nord, ils peaufinent leur projet et dessine les grandes lignes de ce que sera Jamaal. Une marque à l’exact opposé de ce que faisait leur ancien employeur. De toutes petites quantités (50 pièces maximum par modèle)  et des créations qui se veulent durables, au-delà des modes et des saisons.

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L’imprimé fétiche de Jamaal © Jamaal

Pour concevoir ses collections Fanny part du tissu qu’elle sélectionne minutieusement.  « En fonction de la matière, du touché, du tombé, j’imagine les vêtements » raconte la styliste. La production est ensuite réalisée au Portugal ou au Maroc en série limitée. Avant d’être commercialisée en France. Pour le moment, les points de vente se trouvent sur la Côte Basque, les Landes et à Bordeaux. Des boutiques indépendantes qui ont le coup de cœur pour une mode chic et généreuse qui n’oublie pas d’être confortable. « On veut remettre le sourire au cœur du vêtement », une mission réussie tant celui-ci est communicatif. Mais pour qu’il se répande un peu plus vite, la jeune marque se doit de travailler sa notoriété et son réseau de points de vente. Pour cela Yamine est sur le pied de guerre et enchaine les contacts, porté par la sérénité des vainqueurs. « On y croit, ce n’est qu’une question de temps » énoncent-ils en chœur, comme une preuve supplémentaire de leur complémentarité et de leur parfaite osmose.

Auteur : Yannick Revel

Pour en savoir un plus sur Jamaal, file sur leur compte Instagram ou sur leur page Facebook

 

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