A Bayonne, les Gilets Jaunes passent à l’action

C’est facile de râler au café du commerce ou de protester sur les réseaux sociaux. Né sur Internet, le mouvement des Gilets Jaunes entendait descendre dans la rue pour donner de la voix. Combien sont-ils exactement à passer des paroles à l’acte ? Dans ma ville de Bayonne, je décide de partir à leur rencontre afin de prendre le pouls de cette grogne sociale.

Le français est râleur c’est bien connu, mais de là à le mobiliser dans la rue un samedi matin… il faut vraiment que la coupe soit pleine. Dans l’agglomération bayonnaise plusieurs points de rencontres des gilets jaunes étaient programmés, dont une opération escargot d’envergure menée avec les agriculteurs sur le boulevard du BAB. Ma première halte me mène sur le rond-point du grand basque où dès 7h30, environ deux cent personnes étaient réunies. Dans le calme et dans une certaine convivialité, les manifestants veulent exprimer leur mécontentement.

_copie-0_IMG_8432

Parmi les gens en jaune, Ricardo manifeste aujourd’hui pour la première fois de sa vie, par solidarité affirme-t-il. Il a le sentiment que la situation va crescendo. « Comme tous les français, je suis impacté, ces hausses de tous les côtés nous touchent sur ce qui est fondamental pour nous, comme le fait de prendre la voiture » constate-t-il. A ses côtés, Colette acquiesce, cette habitante de Labenne subit de plein fouet les hausses de carburant et éprouve un sentiment d’abandon. « On ne s’en sort plus, on ne fait rien pour nous » dit-elle sur le ton de la révolte.  A quelques pas de là, le ressenti est identique. Sabrina est venue avec sa fille adolescente car elle se sent oppressée par autant d’augmentation de taxes. « C’est toujours sur les classes moyennes que l’on tape, on paie pour les riches, on paie pour les pauvres mais on en peut plus maintenant » se désole-telle.

_copie-0_IMG_8437

Au fur et à mesure de la matinée, leur nombre augmente et de nouvelle têtes viennent grossir les rangs des lève-tôt. Sur le rond-point de Maignon, la foule est moins nombreuse mais tout aussi efficace pour un blocage filtrant qui libère les automobilistes toutes les cinq minutes. Ici je trouve Stéphane, un quinquagénaire mis au chômage à l’âge de 49 ans. Pour lui aussi, c’est la première fois qu’il manifeste. Son parler est franc et ne passe pas par quatre chemins. « On prend les français pour des cons » dit-il sans détour. Suivant le mouvement sur Facebook, il a rejoint les troupes avec une grande motivation. Animé par l’énergie du désespoir, il pense que ce mouvement n’en est qu’à ses débuts. « Les français veulent que ça change mais ils ne veulent rien perdre or aujourd’hui, il y a de plus en plus de gens qui n’ont plus rien à perdre » martèle le luzien.

_copie-0_IMG_8439

Ils sont travailleurs, chômeurs, retraités ou agriculteurs et tous se rejoignent sur ce mouvement de grogne contre la classe politique. Cheminot à la retraite, Jean-Pierre a été syndiqué pendant 30 ans. Sa présence aujourd’hui est due au fait que cette manifestation n’est pas politisée. En homme d’expérience, il tire un parallèle entre ce qui se passe en France et les élections récentes dans d’autres pays. Chevilles ouvrières du PIB hexagonal, les classes moyennes se sentent délaissées. Mais le temps de l’indignation semble bel et bien révolu, les voilà désormais à l’action.

Cet article te plait? N’hésite pas à le partager et n’oublie pas de suivre bon Sud bon Genre sur les réseaux sociaux ; sur la page Facebook, le profil Instagram ou le compte Twitter

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s