Le BIG Festival 2016 à Biarritz

Dimanche dernier s’est achevée la huitième édition du BIG Festival ; l’événement musical de l’été à Biarritz. Vous y étiez ou vous n’y étiez pas, suivez-moi, je franchi les grilles…

Arrivée sur le site au son de Synapson (photo: Yanik)

Arrivée sur le site du BIG Live au son de Synapson

 

Alors que le festival démarrait en début de semaine, je n’ai pas pu profiter des réjouissances avant le vendredi soir. La faute à trop de travail, toujours plus de boulot… je ratais avec regret les prestations au BIG Village (à la Côte des Basques) des formations électroniques Salut c’est cool, Jacques, Papooz…

 

Les surprises

Au diable les regrets, je prenais la route du stade Aguilera dès vendredi en fin d’après-midi. Une fois dans l’enceinte j’achète une carte de paiement (le festival a basculé cette année en mode cashless) et teste au fur et à mesure de la soirée ce judicieux système d’encaissement. Direction ensuite la scène, où le duo Synapson chauffe le public au rythme de ses tubes FM. Agréable surprise pour commencer, les gars vêtus aux couleurs de l’équipe de rugby locale réalisent une bonne prestation live, accompagnés de guests sur presque toutes les chansons, pour des interprétations punchy et entraînantes. Je ne venais clairement pas pour eux, mais le moment offert était bon je dois l’avouer.

Autre surprise : les Rural Zombies. Ce groupe local (basque du sud) avait pour difficile tâche d’ouvrir la soirée du samedi. Pari réussi avec une pop rock bien exécutée qui laisse présager un intéressant potentiel de progression.

Enfin, ce n’est pas une découverte mais j’appréhendais de voir Casseurs Flowters sur scène. Si j’apprécie leurs titres, je considérais cette musique plutôt comme une consommation brève de type YouTube. Au final, Orelsan et Gringe m’ont vraiment bluffé par leur présence et leur capacité à mettre le public en jambes. Enjailler les gens avec des paroles aussi désenchantées, c’est une prouesse que les rappeurs accomplissent à grand coup de fraîcheur et de sincérité.

The Kills

The Kills

 

Les confirmations

Au premier rang de ces confirmations, je citerais The Kills, un groupe que j’apprécie et dont j’ai compris les raisons vendredi soir. Un brin classique mais totalement hypnotique, le duo doit beaucoup à l’attitude rock n’roll de sa chanteuse Alison Mosshart. Débarquant clope au bec sur scène, la fille filiforme fume, crache, se tort dans tous les sens et balance sa blonde crinière dans les airs. Une parfaite transition avant le groupe de Pete Doherty à suivre. La formation londonienne envoie son rock british aux accents Punk et la foule s’emballe quand The Libertines accélèrent le tempo. Ça tombe plutôt bien car les gens ont envie de se dégourdir les jambes avant l’arrivée de The Prodigy…

Enfin, j’étais impatient d’écouter en live la sensation de l’année 2015 : Feu ! Chatterton. Sur scène sous le soleil, les parisiens ont livré une performance diurne emportée par le charisme de leur chanteur. Plus qu’un concert, un vrai récit de voyage musical empreint de lettres délicates et d’interprétations puissantes. Oooh Ouiiiii !!!

Pete Doherty, The Libertines

Pete Doherty, The Libertines

 

Les explosifs

Pour clore les deux nuits, deux formations mythiques de la scène électronique britannique étaient conviées. Le vendredi c’est The Prodigy qui a plongé Biarritz dans une profonde sauvagerie. Sur le son épais, alourdi par une guitare saturée, le binôme de chanteurs maquillés fait son show viril. Le public bouge beaucoup et se déchaîne littéralement sur les morceaux les plus connus comme « Smack my bitch up ». Une grande dose de testostérone énergisante jusqu’au milieu de la nuit.

Autre explosion électro le lendemain avec The Chemicals Brothers qui terminaient le cycle de concerts du BIG Live. Entrés sur scène au son de leur mythique « Hey boy, hey girl », il n’en fallait pas plus pour que les bras se lèvent au ciel et que les corps s’agitent frénétiquement. Un grand moment musical et visuel tant la performance est esthétiquement aboutie. Un mémorable et rafraîchissant feu d’artifice final achevé par un « Galvanize » qui porte si bien son nom.

The Prodigy

The Prodigy (photos: Yannick Revel)

 

La Star Pharell

Ils sont venus, ils sont tous là pour applaudir la vedette incontestée du festival. Il y eu l’année Stromae, l’année Johnny, 2016 sera l’année Pharell Williams pour le BIG. La différence est notable très tôt dans la soirée. Du vendredi au samedi, l’audience est au moins doublée voire triplée, en témoigne l’attente pour commander un verre ou attraper un sandwich (5mn le vendredi contre 1h le samedi, voilà le double effet Pharell). Le public est hétéroclite, plus festivalier la veille, on rencontre ce soir-là des familles, des enfants et des gens peu habitués à fréquenter des espaces de concerts.

A peine arrivé sur les planches au son de « Move yourself to dance » et l’affluence s’embrase et se déhanche au son des rythmes funky. Le show est pro ; à l’américaine à n’en pas douter. En bon « entertainer » le chanteur assure comme un dieu, les choristes sont belles comme des cœurs et les danseuses déchirent. C’est bon, très bon, trop bon et trop propre pour moi… au bout d’une demi-heure je sens l’ennui poindre. J’ai comme l’impression que je suis face à un show ultra calibré, comme en délivrerait d’autres stars d’outre atlantique telles que Janet Jackson ou Justin Timberlake.

C’est à ce moment que l’artiste change de registre en appelant sur scène un acolyte de son groupe NERD. Pour mon plus grand bonheur, la guitare se met à saturer pour faire revivre les tubes de son ancienne formation dont le fameux et imparable « She wants to move ». S’en suivent deux titres de sa période de collaboration avec Snoop Dogg, et l’on revient au registre grand public, celui qui a fait son succès au cours de l’année 2013 avec les tubes inter planétaires « Blurred Lines », « Get Lucky » et « Happy ». Sur ce dernier morceau il fait monter une trentaine de gamins sur scène après avoir énoncé quelques paroles faisant référence aux tristes événements de Nice. Une fois la chanson terminée, il entonne trois notes de la Marseillaise, et le public reprend à tue-tête les paroles de l’hymne national. C’est ça le pouvoir d’une méga star ; faire le consensus au-delà des générations et entraîner les gens à faire quelque chose qu’ils n’auraient pas imaginé quelques heures plus tôt. Respect Pharell !

 

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